Cotes extrêmes Présentation du producteur Présentation du contenu Dates extrêmes Modalités d'entrée Modalités d'accès Métrage Commentaire Descripteurs matières Descripteurs lieux Bibliographie Cotes extrêmes FR AD028/106 W 1-77 Présentation du producteur Les dossiers relatifs au camp d'internement de Voves proviennent de deux versements du Cabinet du Préfet d'Eure-et-Loir effectués les 8 et 25 juin 1949. Ils comprennent d'une part des archives du cabinet du Préfet d'Eure-et-Loir concernant l'internement administratif et d'autre part des archives de l'administration du camp de Voves, rapatriées à la préfecture probablement dès la fermeture du camp après le 9 mai 1944. Présentation du contenu Le versement 106 W représente 7, 50 ml et couvre principalement la période 1942-1944. Il se compose de 77 articles, pour l'essentiel des liasses d'archives auxquelles il faut ajouter quatre fichiers (soit 3012 fiches) et un registre d'écrou. Le fonds du cabinet du préfet contient des notes et des instructions, des dossiers concernant l'administration générale du camp, en particulier les dossiers du personnel d'encadrement et des agents administratifs du camp. Il comprend une intéressante collection de rapports du directeur et de l'inspecteur de police du camp ainsi que des dossiers individuels et des fichiers concernant les internés. Le fonds du camp comporte des dossiers individuels classés par ordre alphabétique et plusieurs fichiers. Fiches et dossiers individuels se recoupent souvent mais pas systématiquement. Ce fonds comprend également les dossiers tenus par les inspecteurs de police du camp : procès-verbaux, notices individuelles, demandes de libération, signalement d'évasion, avis de réintégration, certificats de libération, bulletins de sortie qui témoignent de la lourdeur de l'appareil administratif. On y trouve des renseignements fondamentaux concernant l'état civil, la date d'internement, éventuellement le signalement de l'intéressé et la date de départ du camp. Parfois, figurent également la profession, la religion, l'ascendance de l'intéressé et le motif du départ du camp. Dates extrêmes 1938-1944 Modalités d'entrée Versements du Cabinet du Préfet d'Eure-et-Loir des 8 et 25 juin 1949 Modalités d'accès Un arrêté du 29 avril 2002 (NOR : MCC0200281A) institue une dérogation générale pour les fonds d'archives publiques concernant la seconde guerre mondiale, en particulier pour les "dossiers des cabinets de préfets relatifs à l'organisation des camps d'internement, des convois de déportation et, en général, aux persécutions et aux spoliations" ainsi qu'aux "archives des camps d'internement (sauf dossiers de personnel)" [Journal officiel du 3 mai 2002, page 8181]. L'ensemble du versement 106 W est donc communicable à l'exception des dossiers 106 W 5-7 pour lesquels des délais particuliers des délais particuliers sont prévus par l'article 7 de la loi n ° 79-18 du 3 janvier 1979 : - 120 ans à compter de la date de naissance de la personne (pour les dossiers de personnels 106 W 5-6) ; - 60 ans à compter de la clôture du dossier, pour les "documents qui contiennent des informations mettant en cause la vie privée" (comme le dossier 106 W 7 relatif au personnel du camp). Métrage 7,50 ml Commentaire Les camps d'internement administratif Entre le décret du 12 novembre 1938 permettant d'interner les indésirables étrangers dans des centres spécialisés et la libération du dernier interné en 1946, plusieurs centaines de milliers d'hommes et de femmes ont été enfermés derrière les barbelés des camps français. En Eure-et-Loir un de ces camps existait à Voves, au sud du département, à 22 km de Chartres et à 50 km d'Orléans. Le camp d'internement administratif de Voves a été créé, comme d'autres, en application du décret du 18 novembre 1939 relatif aux mesures à prendre à l'égard des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique. Survenu peu après l'interdiction du Parti communiste français, ce décret permettait l'internement administratif des communistes sur simple suspicion d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Après l'instauration de l'Etat français (le 10 juillet 1940), communistes, politiques, étrangers et juifs seront les victimes d'une politique répressive dont l'internement fut la pierre de touche. L'aménagement du camp Le camp de Voves fut aménagé à la sortie du village du même nom dans un ancien camp de prisonniers de guerre Dès 1918, un camp militaire avait été créé pour des éléments de l'aviation. Il fut ensuite délaissé puis, du 1er novembre 1930 jusqu'au 13 juin 1940, des soldats du Génie furent détachés pour construire un camp militaire et des soldats de la D.C.A. furent cantonnés à Voves. Des baraquements en bois, briques et fibrociment furent édifiées mais le camp militaire ne put jamais être terminé. Après la défaite de l'armée française, en juin 1940, les autorités d'occupation y installèrent pendant quelques mois un camp de prisonniers de guerre qui reçut au plus fort de son occupation 3500 personnes. Dès les 20 et 21 juin les prisonniers de guerre arrivèrent par petits groupes ou par vagues de mille cinq cents à deux mille hommes. Il y eut pour les abriter jusqu'à cinq camps différents (à l'usine et dans le camp proprement dit pour les Français, à l'école libre et à l'école de garçons pour les officiers, aux abattoirs pour les Africains, à la caserne de gendarmerie pour les Alsaciens-Lorrains). A partir du 15 août 1940 beaucoup de prisonniers furent regroupés à Châteaudun et le camp se vida progressivement jusqu'à la date du 25 décembre 1940 où ceux qui restaient encore furent emmenés en Allemagne. Après être resté inutilisé pendant les deux mois d'hiver, le camp fut à nouveau occupé par une cinquantaine de Nord-Africains. A la fin de 1941, 30 internés du camp d'Aincourt (Seine-et-Oise) furent dépêchés pour aménager le ''Centre de séjour surveillé de Voves''. Ce camp reçut les premiers internés le 5 janvier 1942. L'organisation du camp On prévoyait à l'origine l'internement de deux mille '' politiques ''. En fait, le camp reçut un effectif à peu près constant d'un peu moins de neuf cents internés Plus de mille cinq cents internés transitèrent par le camp de Voves. Pour l'essentiel, il s'agissait de condamnés politiques français et étrangers et de quelques individus soupçonnés de marché noir ou de proxénétisme. A son ouverture, le camp accueillit des internés politiques et indésirables des camps de Châteaubriant (Loire-inférieure) et d'Aincourt (Seine-et-Oise) qui venaient d'être supprimés et des internés communistes du camp de Gaillon (Eure). Il reçut ensuite régulièrement des internés provenant d'autres départements. Le camp comportait deux parties distinctes. L'une, dénommée ''Petit camp'', était réservée aux bâtiments de la direction, de la gestion, et de la police. Elle abritait les baraques du mess, les cuisines, les dortoirs des gendarmes. L'autre partie, dénommée ''Grand camp'', contenait les baraques des internés y compris l'infirmerie, le parloir et le poste de garde. Le centre était dirigé par un chef de camp secondé par deux inspecteurs de police. Des gendarmes et de simples gardes civils assuraient la garde du camp. Parmi les employés figuraient également du personnel administratif (une dizaine de personnes) et du personnel médical (un médecin et cinq infirmières). En tout, cent quatre-vingts personnes environ participaient à l'administration du camp. Le règlement des centres de séjour surveillé, en date du 29 décembre 1940, fixait l'organisation stricte des camps. Des rapports devaient être adressés régulièrement à la Direction générale de la sûreté nationale avec ampliation au préfet. Le 1er et le 15 de chaque mois, une situation numérique et une liste nominative des nouveaux internés de la quinzaine devaient être transmises. Le 1er de chaque mois, des propositions motivées en vue de libération pouvaient être soumises au préfet. Enfin, un registre d'écrou et un fichier devaient permettre d'avoir en permanence un état des internés au camp. Tous ces documents se trouvent rassemblés dans ce fonds. Les évasions De nombreuses évasions furent organisées par les détenus. Plus de vingt évasions, dont les deux tiers réussies, se produisirent en deux ans. En tout, ce sont environ soixante quinze détenus qui parvinrent à échapper à la vigilance des gardes, dans des conditions parfois rocambolesques. La fermeture du camp d'internement C'est peu après une évasion spectaculaire - quarante deux détenus s'enfuyant par un tunnel souterrain long de 148 m - que le camp fut fermé. Le 9 mai 1944, le camp était remis aux autorités allemandes. Un train composé de onze wagons à bestiaux et deux wagons de voyageurs pour l'escorte fut amené à proximité du camp et les quatre cent six internés présent au camp y montèrent en direction du camp de Royallieu à Compiègne, camp de transit vers les camps d'extermination de l'Allemagne nazie. D'un camp à l'autre A la Libération, le camp, rebaptisé ''PG 502'', servira à l'internement des prisonniers de guerre, allemands cette fois. Descripteurs matières Camp d'internement \ Communisme \ Déporté \ Guerre 1939-1945 Descripteurs lieux Voves \ Voves, Camp de Bibliographie FOURMAS Stéphane, ''Le Centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir), janvier 1942 à mai 1944'', 1999, 220 p. [mémoire de maîtrise d'histoire présenté à l'université de Paris I-Sorbonne en 1999] |