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Un cas particulier
: les registres protestants
Des origines à 1685
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Dès leur constitution, les communautés
protestantes appliquent, pour la tenue des registres
des baptêmes, mariages et sépultures, les
mêmes règles que les paroisses catholiques. |
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Les premiers registres conservés apparaissent à
Châteaudun en 1591 (baptêmes et mariages) et
à Authon en 1598 (baptêmes dans un premier
temps, puis mariages dès l'année suivante).
Au XVIIe siècle, des registres sont conservés
pour les protestants de la région de Dreux (églises
réformées de Blainville puis de Fontaine-sous-Prémont)
à partir de 1617, de Dangeau à partir de 1622
et de la région de Chartres (église réformée
du Pont-Tranchefêtu) à partir de 1655.
Les protestants appliquent comme les catholiques le Code
Louis et tiennent à partir de 1668 des registres
annuels communs aux trois types d'actes. De tels registres
sont conservés pour les communautés déjà
citées, mais aussi pour celles de Bazoches-en-Dunois
et de Laons.
D'autres communautés ont existé, comme à
La Ferté-Vidame, mais leurs registres n'ont pas été
conservés.
Après la révocation de l'Edit de Nantes,
en 1685, les protestants n'ont plus d'existence légale.
Les registres cessent donc d'être tenus, ou le sont
clandestinement et n'ont pas été conservés.
Dans tous les cas, les séries de registres qui
nous sont parvenues s'interrompent en 1684 ou 1685.
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Les registres des sépultures au XVIIIe siècle
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La situation évolue au milieu du XVIIIe siècle
en raison d'une préoccupation très particulière,
qui est celle de la police des inhumations. Les protestants,
même s'ils ne peuvent officiellement se déclarer
comme tels, ne souhaitent pas ou ne peuvent obtenir l'inhumation
de leurs morts dans les cimetières catholiques
et sollicitent du juge seigneurial l'autorisation de procéder
à des inhumations dans des terrains privés.
Certains juges prennent le soin de rédiger les
autorisations accordées sur des registres particuliers,
qui deviennent vite de véritables registres des
sépultures pour la communauté protestante
locale.
Deux de ces registres, qualifiés, puisque les protestants
n'ont pas d'existence légale, de registres des
sépultures des " non-catholiques ", sont
conservés, l'un pour les protestants relevant de
la justice de la baronnie d'Authon, à partir de
1742, et l'autre pour ceux de la seigneurie de Guillonville,
à partir de 1771.
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L'édit de tolérance de 1787
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Un édit du roi, en novembre 1787, constate que
les non-catholiques ont, à défaut d'existence
légale, une existence de fait, et que l'absence
de documents constatant leur état civil entraîne,
par exemple pour le règlement des successions,
des complications juridiques insurmontables. Il apparaît
donc nécessaire de faire constater dans des conditions
définies par la loi la naissance, le mariage et
le décès des non-catholiques.
L'édit prévoit que ces actes seront enregistrés
par la juge seigneurial du lieu de leur domicile. En outre,
les non-catholiques pourront faire enregistrer par le
juge royal les mariages contractés avant la publication
de l'édit.
Celui-ci institue donc pour les protestants un véritable
état civil avant la lettre.
Des registres d'état civil, tenus à partir
de 1788, sont ainsi conservés pour les protestants
relevant de la justice du marquisat de Fains et pour ceux
des seigneuries de Guillonville et de Soulaires.
De même, sont conservés les registres des
déclarations de mariages effectuées devant
les juridictions royales de Châteauneuf-en-Thymerais
et de Janville. Ces déclarations concernent souvent
des couples mariés depuis dix ou vingt ans et qui
ont profité de l'édit de tolérance
pour donner à leur union un caractère officiel.
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