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Les registres paroissiaux,
des origines à 1792
Jusqu'en 1792, c'est au curé qu'il revient
de tenir, dans chaque paroisse, un ou plusieurs registres
sur lesquels sont consignés les actes de baptêmes,
de mariages et de sépultures, parfois les testaments,
plus rarement les actes de fiançailles ou les bans
de mariages, les messes anniversaires pour le repos de l'âme
des défunts ou les listes de confirmands.
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Ces registres sont connus sous le nom de " registres paroissiaux
".
Des origines à 1667
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Le plus ancien registre paroissial conservé
en Eure-et-Loir provient de la paroisse de la Madeleine
de Châteaudun. Y ont été enregistrés,
pendant six mois seulement, de décembre 1478 à
mai 1479, les actes de baptêmes, et pendant une période
plus longue, de décembre 1478 à juin 1486,
puis à nouveau de juin 1490 à avril 1494,
les actes de sépultures.
Toujours à Châteaudun, dans la paroisse Saint-Lubin
cette fois, c'est un registre des mariages qui est conservé
pour une période de quinze mois, de novembre 1507
à janvier 1509.
Mais, en dehors de ces deux cas exceptionnels, la tenue
de registres paroissiaux ne commence pas dans le diocèse
de Chartres avant la décision prise en 1526 par un
synode diocésain d'ordonner aux curés de conserver
une trace écrite des actes de baptêmes et de
mariages.
Les plus anciens registres tenus en application de cette
décision et qui nous soient parvenus sont ceux de
la paroisse Saint-Martin-le-Viandier, à Chartres,
qui commence 28 octobre 1526, de la paroisse Saint-Pierre
de Dreux, à partir du 2 décembre suivant,
et de celle de Saint-Saturnin de Chartres, à partir
du 31 janvier 1527.
En dépit de la décision du synode diocésain,
il s'agit uniquement de registres des baptêmes, à
l'exception de celui de Dreux où sont également
enregistrés les bans de mariages, c'est-à-dire
l'annonce de chaque mariage à l'issue de la messe
paroissiale pendant trois dimanches successifs, avant la
cérémonie nuptiale proprement dite.
Les mariages eux-mêmes et les sépultures seront
enregistrés plus tard, après 1540, sauf à
Saint-Pierre de Châteaudun où un registre des
mariages et des sépultures existe dès 1537.
Fait exceptionnel, à Saint-Lubin de Châteaudun
un registre des testaments est tenu régulièrement
à partir de 1534.
L'ordonnance royale de Villers-Cotterêts, en 1539,
qui ordonne la tenue dans chaque paroisse d'un " registre
en forme de preuve des baptêmes ", et celle de
Blois, en 1579, qui étend cette obligation aux mariages
et aux sépultures, semblent avoir eu en pratique
peu d'effet.
Dans bien des paroisses, l'apparition des premiers registres
est beaucoup plus tardive, d'autant que le prix du papier
pouvait constituer à l'époque un obstacle
réel.
Plus que les ordonnances royales, c'est sans doute la publication
par le pape Paul V en 1614 du Rituel romain, ordonnant la
tenue de registres des baptêmes, confirmations, mariages
et sépultures, qui décida bien des curés
à procéder à l'enregistrement des actes.
Les prescriptions du Rituel romain furent d'ailleurs rarement
respectées en ce qui concerne les confirmations,
et souvent avec beaucoup de retard en ce qui concerne les
sépultures, et parfois même les mariages.
Les différentes catégories d'actes, baptêmes,
mariages et sépultures, sont le plus souvent rédigées
sur des registres séparés, d'épaisseur
et de format variables. Les registres conservés ne
forment presque jamais une série continue avant le
début du XVIIe siècle, soit que la tenue des
registres ait été interrompue, soit que certains
d'entre eux aient été perdus. Même après
la publication du Rituel romain, il est encore fréquent
que l'enregistrement des actes s'interrompe pendant une
période plus ou moins longue, souvent par simple
négligence, avant qu'un curé nouvellement
arrivé dans la paroisse ne décide d'ouvrir
de nouveaux registres et de rétablir un enregistrement
régulier des actes.
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De 1668 à 1736
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L'ordonnance royale de 1667 connue sous
le nom de " Code Louis " réglemente pour
la première fois en France de façon précise
la tenue des registres paroissiaux.
Dans chaque paroisse, les actes de baptêmes, de mariages
et de sépultures devront être rédigés
en une seule série chronologique sur deux registres.
Le premier, portant les signatures des témoins, constituera
la " minute " ou original et sera conservé
par le curé.
Le second servira de " grosse ", c'est-à-dire
de copie, et devra être porté au début
de l'année suivante au greffe du tribunal royal pour
y être conservé. Normalement, les signatures
des témoins n'ont pas à figurer sur la grosse,
dont la conformité à la minute doit être
certifiée par le curé, sous sa seule responsabilité,
à la suite du dernier acte de l'année.
Le nouveau système se met en place en principe le
1er janvier 1668, quelquefois avec une année de retard.
Souvent, par mesure d'économie, le curé termine
le registre en cours au lieu d'en ouvrir un autre au 1er
janvier, si bien que de nombreux registres chevauchent deux
années. Parfois, il néglige de tenir la grosse,
ou omet de la déposer au greffe et la conserve par-devers
lui avec la minute.
A partir de 1674, les registres doivent être tenus
sur papier timbré, ce qui dissuade certains curés
de rédiger les grosses. Surtout, après 1713,
pour manifester leur opposition à l'autorité
royale à l'occasion de la querelle janséniste,
de nombreux curés refusent de tenir le second exemplaire
du registre. La collection du greffe est donc le plus souvent
lacunaire, et parfois s'interrompt totalement vers 1715.
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De 1737 à 1792
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L'ordonnance royale de 1736 édicte de nouvelles
règles.
Les curés doivent désormais tenir non un
original et une copie, mais deux originaux de même
valeur probante, également signés par les
témoins, et dont l'un est destiné à
être conservé par le curé et l'autre
déposé au greffe.
La nouvelle réglementation, en vigueur à
compter du 1er janvier 1737, est cette fois scrupuleusement
appliquée et, sauf perte ou destruction accidentelle
de registres, les deux collections sont complètes
dans toutes les paroisses.
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Communautés religieuses et hôpitaux
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Au XVIIe et au XVIIIe siècles,
certaines communautés religieuses, abbayes, couvents,
séminaires et chapitre de la cathédrale, ont
été autorisées à tenir des registres
dans lesquels elles rédigent les actes concernant
les membres de leur communauté, qui échappent
ainsi à la juridiction paroissiale.
Ces registres sont conservés au même titre
que ceux des paroisses.
Compte tenu de la population concernée, il s'agit
en principe exclusivement de registres des sépultures,
mais l'on rencontre de rares exceptions comme à l'abbaye
de Tiron où les moines obtiennent l'autorisation
de faire figurer sur leurs registres les actes de mariages
du personnel laïc de l'abbaye.
Dans certains couvents, les professions de foi des religieux
sont également portées sur ces registres.
De même, les hôpitaux tiennent leurs propres
registres des sépultures. L'hôtel-Dieu de Chartres
tient en outre un registre des baptêmes à partir
de 1606 et même, de façon éphémère,
un registre des mariages de 1656 à 1671.
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