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Jean Moulin est né à Béziers
le 20 juin 1899.
Employé dès 1917 au cabinet du préfet de
l'Hérault, département dont son père est
conseiller général, chef de cabinet du préfet
de la Savoie en 1922, il est nommé sous-préfet en
1925.
En alternance avec différents postes dans l'administration
préfectorale, il est à plusieurs reprises chef de
cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air de 1933 à 1934,
puis à nouveau de 1936 à 1938, et ministre du Commerce
au début de 1938.
Nommé préfet de l'Aveyron en mars 1937, il est
rappelé au cabinet de Pierre Cot le mois suivant, puis
retrouve la préfecture de l'Aveyron à partir du
1er juin 1938, avant de devenir préfet d'Eure-et-Loir le
21 février 1939.
En juin 1940, il refuse d'exécuter l'ordre de repli donné
par le Gouvernement et décide de rester à Chartres
pour y assurer, avec des moyens dérisoires, la continuité
de l'Etat dans une ville vidée de ses habitants mais submergée
par les flots de réfugiés venant du nord de la France
et de la région parisienne.
Le 17 juin, quelques heures après l'entrée des Allemands
dans la ville, il est arrêté puis battu, mais refuse
de signer une déclaration accusant à tort les soldats
africains de l'armée française du meurtre de civils.
Pour être certain de ne pas céder aux pressions des
Allemands, il tente de se suicider dans la nuit du 17 au 18 juin.
Libéré et soigné, il reprend ses fonctions
de préfet d'Eure-et-Loir, dont il est démis à
compter du 16 novembre 1940, en raison de sa fidélité
à ses engagements politiques d'avant-guerre.
Il entreprend alors, de sa propre initiative, une vaste enquête
sur les premiers mouvements de Résistance en zone libre,
puis rejoint en octobre 1941 Londres pour y présenter au
général de Gaulle les résultats de ce travail.
Parachuté en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942,
en qualité de représentant personnel du général
de Gaulle, il s'efforce de donner aux mouvements de Résistance,
divisés et parfois réticents à accepter l'autorité
du chef de la France libre, une direction politique et militaire
unifiée. Ses efforts aboutissent à la création
des Mouvements unis de Résistance le 26 janvier 1943.
Après un second séjour à Londres, du 13
février au 20 mars, où il rend compte de son action
au général de Gaulle, il peut enfin constituer le
Conseil national de la Résistance, qui se réunit
pour la première fois à Paris le 27 mai 1943.
A la suite de l'arrestation le 9 juin du général
Delestraint, chef de l'Armée secrète, et de ses
principaux adjoints, Jean Moulin convoque le 21 juin 1943 à
Caluire, près de Lyon, une réunion d'urgence des
mouvements de Résistance. C'est à l'occasion de
ce rendez-vous qu'il est arrêté par la police allemande
et torturé, puis transféré à Paris.
Il meurt des suites des tortures subies le 8 juillet 1943, en
gare de Metz, dans le train qui l'emmenait en déportation.
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