En 1116, le chanoine Geoffroy de Lèves fut
élu évêque de Chartres.
Il avait, quelque temps auparavant, fait le vu d'accomplir
le pèlerinage de Jérusalem, vu que ses nouvelles
responsabilités ne lui permettaient plus de respecter.
Il s'en remit au pape Pascal II qui l'invita à accepter son
élection comme évêque et à remplacer
le pèlerinage prévu par une fondation pieuse.
C'est ainsi que l'année suivante, en 1117, Geoffroy et son
frère Goslein, seigneur de Lèves, fondèrent
près de cette localité l'abbaye Notre-Dame de Josaphat.
La tradition biblique a fait de la vallée de Josaphat, près
de Jérusalem, le lieu du Jugement dernier. Le nom choisi
pour la nouvelle abbaye est destiné à rappeler les
circonstances de sa fondation et notamment le vu de son fondateur.
Geoffroy de Lèves et plusieurs de ses successeurs furent
enterrés dans l'église abbatiale, qui servit ainsi
pendant quelque temps de nécropole des évêques
de Chartres. L'un de leurs tombeaux, celui de l'évêque
Jean de Salisbury, mort en 1180, est encore visible aujourd'hui
sur le site de l'ancienne abbaye.
L'église fut démolie en 1791. Les bâtiments
du monastère, conservés, furent utilisés à
partir de 1816 pour abriter un orphelinat.
En 1818 fut officiellement constitué l'Hospice Marie-Thérèse,
placé sous le patronage de la fille de Louis XVI, duchesse
d'Angoulême, et destiné à accueillir à
la fois les enfants trouvés et abandonnés et les malades
incurables du département.
En 1828 fut créé dans les mêmes locaux l'Asile
d'Aligre, du nom de ses fondateurs, le marquis et la marquise d'Aligre,
destiné à accueillir des vieillards, hommes et femmes.
Ce qui subsistait des anciens bâtiments de l'abbaye fut détruit
en 1881, pour laisser la place à des constructions mieux
adaptées à la nouvelle destination du site.
Les deux établissements ont fusionné en 1968 pour
constituer la Fondation d'Aligre et Marie-Thérèse,
qui regroupe aujourd'hui une maison de retraite et un établissement
de long séjour pour handicapés mentaux adultes.