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Chirographe de Chamars, entre 1032 et 1037

Chirographe de Chamars, entre 1032 et 1037

FR AD 28 / H 2272
2 pièces parchemin, 26 x 40 cm environ chacune

 

Qu'est-ce qu'un chirographe ?

Les actes de cette époque sont rédigés sur parchemin.

Pour en savoir plus sur la fabrication du parchemin.

La validité des actes émanant des rois est garantie par la présence du sceau royal. Celle des actes d'autres personnages est, le plus souvent, garantie par la présence de souscriptions ou d'une liste de témoins.

Pour voir un exemple de sceau royal.

Pour voir un exemple de souscriptions.

Le chirographe offre un autre mode de validation des actes, employé à partir du XIe siècle, et qui consiste à rédiger deux fois le même texte, en principe tête-bêche, sur un parchemin. Les deux textes identiques sont alors séparés par une courte phrase en grands caractères, au milieu de laquelle le parchemin est ensuite découpé.

Ce mode de validation présente, lorsqu'il s'agit de passer un contrat, un double avantage :

  • chacune des deux parties contractantes peut disposer d'un exemplaire de l'acte
  • le rapprochement des deux exemplaires, seul moyen de lire la phrase centrale, garantit sans discussion possible leur authenticité.

 

Teneur de l'acte

Le prieuré Saint-Martin de Chamars, situé sur la rive droite du Loir, face à la ville de Châteaudun (aujourd'hui quartier Saint-Jean), dépend de l'abbaye de Marmoutier, près de Tours. Il a été fondé par Eudes, comte de Blois et de Chartres, mort en 995.

Pour en savoir plus sur le comte Eudes.

Autour du prieuré de Chamars, dont le nom semble être une déformation de "Champ de Mars", s'est rapidement constitué un bourg, sur lequel les moines de l'abbaye de Marmoutier et le vicomte de Châteaudun élèvent des prétentions contradictoires.

L'objet de la convention est d'affranchir les habitants de ce bourg d'une partie des "coutumes", c'est-à-dire des redevances, en nature ou en numéraire, perçues par le vicomte de Châteaudun, qui renonce à percevoir toutes coutumes autres que celles énoncées dans la convention.

Celle-ci est conclue entre Albert, abbé de Marmoutier, et Geoffroy II, vicomte de Châteaudun, en présence d'Eudes II, comte de Blois et de Chartres, et fils du fondateur du prieuré.

Le document n'est pas daté, mais la date de l'élection d'Albert, en 1032, et celle de la mort du comte Eudes II, en 1037, sont connues et permettent de définir de façon assez précise l'époque à laquelle il a été rédigé.

La principale originalité du texte est de nous révéler, à travers une coutume inattendue, c'est-à-dire le droit pour le vicomte de réquisitionner pendant trois jours un chaudron pour faire la cuisine ou prendre son bain, l'existence à Chamars d'une communauté de teinturiers.

Les autres coutumes citées sont le "tonlieu", taxe sur la circulation des marchandises et les transactions commerciales, le "cens" perçu par le vicomte sur les chaudrons des teinturiers le jour de la Saint-Martin et le droit pour les hommes du vicomte d'acheter à crédit du pain ou de la viande auprès des habitants du bourg de Chamars.

Un certain nombre de garanties juridiques sont en outre échangées entre le vicomte et les moines, notamment en ce qui concerne la revendication des serfs fugitifs et le paiement des dettes.

La mort du vicomte Geoffroy II, dès 1038, conduit les moines à demander à son fils et successeur, le vicomte Hugues III, de confirmer la convention conclue par son père.

C'est sans doute à l'occasion de cette confirmation que les deux moitiés du chirographe furent et restèrent définitivement réunies, ce qui est un fait assez inhabituel.

 


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