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Voir le chirographe, la transcription et la traduction

La chirographie de Chamars, entre 1032 et 1037

FR AD 28 / H 2272
2 pièces parchemin, 26 x 40 cm environ chacune

 

La transcription

Le texte comporte de nombreuses abréviations qui, pour en faciliter la lecture, ont été développées. La ponctuation a été rétablie selon l'usage actuel. Les lignes ont été numérotées. La présence d'un tiret indique qu'un mot est coupé entre deux lignes.

A la ligne 8, le texte comporte une faute amusante, le rédacteur ayant redoublé une syllabe, en écrivant "compararationem" au lieu de "comparationem" (en français, "achat").

Voici la transcription :

    1. Notum esse volumus cunctis fidelibus tam presentibus quam futuris, de malis consuetudinibus quas Gauzfredus
    2. vicecomes et sui ministeriales in suburbio possessionis sancti Martini, quae Campus Martis vocatur, paulatim
    3. immiserant, talem factam esse concordiam, in presentia comitis Odonis, communi consensu Gauzfredi jam
    4. dicti vicecomitis et abbatis Majoris Monasterii nomine Alberti, quam ultra nulli liceat trans-
    5. gredi. Ut scilicet nullas in predicto toto suburbio acciperet ultra consuetudines Gauzfredus vice-
    6. comes vel ministri ejus preter has quae in presenti carta subterscriptae inveniuntur, teloneum videlicet
    7. consuetum et antiquum, et censum caldariarum tinctorum vel tinctricum, de unaquaque caldaria denarios
    8. iiii in festivitate sancti Martini. Compararationem [sic] quoque panis ad vendendum facti et carnis quae ad ven-
    9. dendum occisa est, et nihil sine tallia, accipient. Quam comparationem, si eis crediderint venditores,
    10. infra spatium duorum mensium solvent eam. Et si ei necesse fuerit aliquando ad quoquinam vel ad balneum
    11. suum, caldariam tinctoris accipiet, sed nusquam portabit eam nisi in ipsum castrum neque ultra tres dies
    12. illam retinebit. Homines vicecomitis consuetudinarios non receptabit abbas in suburbio suo ita
    13. ut perdat de illis vicecomes consuetudinem suam. Et similiter vicecomes non receptabit homines sancti
    14. Martini, ne perdant monachi consuetudinem suam. Neque in predicto suburbio quisquam hominum aliquid
    15. accipiet, nisi ille qui juratum habuerit et cum ille mortuus fuerit aut remotus ab officio, ipse qui pro eo
    16. subrogabitur similiter jurabit. Et ut conventio ista firma permaneat, per suggestionem et ordinationem
    17. Odonis comitis, alligavit vicecomes ministeriales suos jurejurando ne ultra quam scriptum est in carta
    18. ista facere contra monachos vel homines eorum presumant. Similiter et monachi vicecomiti jurare fecerunt
    19. ministeriales suos, ne scilicet consuetudinarios vicecomitis in suo suburbio scienter recipiant. Et si in-
    20. venti fuerint, postquam id cognitum fuerit, homines vicecomitis per se ipsos vindictam non sumant donec
    21. apud monachum qui possessioni praefuerit clamorem faciant, et monachus illis justiciam faciet, cum emendatione
    22. legis. Similem quoque justiciam homines vicecomitis faciant monachis, postquam clamorem eorum audierint.
    23. Si vero post finem duorum mensium reddere non voluerint homines vicecomitis hominibus Sancti Martini prete-
    24. ritum debitum, non tamen dicentur transgressores jurisjurandi, nisi postea aliquid ab eis acceperint.
    25. Si autem post illum terminum ab eis aliquam creditionem accipere presumpserint, transgressores habebuntur
    26. jurisjurandi, non reddito scilicet preterito debito. Hujus conventionis testes hii sunt : Godescallus,
    27. Wilelmus Casnellus, Hilgaldus filius archiepiscopi, Hilgaldus Niger, Gaufredus filius Hermerii,
    28. Odo archidiaconus, Odo decanus, Teudo filius Galonis, Odo filius Burrelli, Odo Musca,
    29. Rodbertus Muletii, Herbertus, Avesgaldus, Harduinus, Guarnerius cubicularius, domnus Albertus abbas
    30. cum tribus monachis, Seinfredo, Radulfo, Ainardo, et cum tribus servis, Ascelino,
    31. Ebruino, Tetmerio.

Texte établi par Emile MABILLE, Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois, Société dunoise, Châteaudun, 1874, p. 44-45.

 

La traduction

Nous voulons qu'il soit connu de tous les fidèles tant présents que futurs que, en raison des mauvaises coutumes que le vicomte Geoffroy et ses officiers ont peu à peu introduites dans le faubourg appartenant à Saint Martin, qui est appelé le Champ de Mars, un accord a été conclu, en présence du comte Eudes, de la commune volonté du susdit vicomte Geoffroy et de l'abbé de Marmoutier nommé Albert, tel qu'il ne soit permis à personne de l'enfreindre. Que le vicomte Geoffroy ou ses serviteurs ne prélèvent dans tout le susdit faubourg aucune autre coutume que celles qui dans la présente charte se trouvent écrites ci-dessous, c'est-à-dire le tonlieu accoutumé et ancien, et le cens sur les chaudrons des teinturiers ou des teinturières, à raison de quatre deniers par chaudron au jour de la fête de Saint Martin. Ils auront aussi le droit d'acheter du pain préparé pour la vente et de la viande des animaux abattus pour la vente, mais n'auront rien sans que leur dette n'ait été marquée. Et cet achat, si les vendeurs leur ont fait crédit, ils le paieront dans le délai de deux mois. Et si cela lui est nécessaire de temps à autre pour sa cuisine ou pour son bain, le vicomte prendra un chaudron de teinturier, mais il ne le portera nulle part ailleurs que dans le château même et ne le gardera pas plus de trois jours. L'abbé n'accueillera pas dans son faubourg les hommes soumis à la coutume du vicomte dans des conditions telles que le vicomte perde la coutume qu'il reçoit d'eux. Et de même le vicomte n'accueillera pas les hommes de Saint Martin, afin que les moines ne perdent pas leur coutume. Et nul ne percevra rien dans le susdit faubourg à moins qu'il n'ait prêté serment, et lorsqu'il sera mort ou retiré de son office, celui qui sera nommé à sa place prêtera serment de même. Et pour que la présente convention reste fermement observée, selon la suggestion et l'ordre du comte Eudes, le vicomte a lié ses officiers par le serment de ne rien entreprendre contre les moines ou leurs hommes au-delà de ce qui est écrit dans la présente charte. Et de même les moines ont fait prêter à leurs officiers serment au vicomte de ne pas accueillir sciemment dans leur faubourg les hommes soumis à la coutume du vicomte. Et si l'on en découvre, après que le fait aura été reconnu, que les hommes du vicomte n'en tirent pas vengeance par eux-mêmes avant d'avoir fait une réclamation auprès du moine qui l'aura en sa possession, et le moine leur rendra justice, avec la réparation prévue par la loi. Et que les hommes du vicomte rendent semblable justice aux moines, après qu'ils auront reçu leur réclamation. Et si après la fin des deux mois les hommes du vicomte n'ont pas voulu s'acquitter envers les hommes de saint Martin d'une dette, ils ne seront pas cependant dits parjures, à moins qu'ils ne leur aient pris quelque chose par la suite. Et si après ce terme ils ont tenté d'obtenir d'eux un crédit, ils seront tenus pour parjures, tant que la dette n'aura pas été payée. De cette convention sont témoins : Godescallus, Guillaume Casnellus, Hilgaud fils d'archevêque, Hilgaud le Noir, Geoffroy fils d'Hermerius, Eudes l'archidiacre, Eudes le doyen, Teudon fils de Galon, Eudes fils de Bourreau, Eudes Musca, Robert Muletii, Herbert, Avesgaud, Hardouin, Garnier le chambrier, maître Albert abbé avec trois moines, Seinfredus, Radulphe et Ainard, et avec trois serfs, Ascelin, Ebruin et Tetmerius.

Traduction établie par Michel THIBAULT, avec le concours de Diane JOLY.

 

La phrase centrale

Après cet entraînement, vous devez pouvoir déchiffrer sans difficulté la phrase centrale partagée entre les deux moitiés du chirographe.

 

La solution

Le texte de la phrase centrale est le suivant :

NOTICIA CONVENTIONIS VICECOMITIS ET MONACHORUM SANCTI MARTINI

ce qui se traduit par

Notice de la convention entre le vicomte et les moines de Saint-Martin

On notera que les mots "monachorum" et "sancti" sont abrégés, respectivement sous les formes "MONACHOR/" et "S#I", les traits obliques qui barrent la jambe du 'R' et le corps du 'C' ayant pour fonction de signaler au lecteur cette abréviation.

La phrase centrale

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