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Les résultats de la main d'oeuvre scolaire

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En 1917, les résultats obtenus par les élèves du département sont les suivants : 35449 kg de pommes de terre récoltés, 3582 kg de choux, 2708 kg de haricots, 11000 kg d’autres produits, 291 lapins, 68 volailles, deux porcs et une chèvre. A Chartres les élèves du lycée et des écoles communales ont cultivé un terrain au Clos Saint-Jean, mis à disposition par la municipalité sur demande du préfet. Ils ont utilisé une bande de terrain longeant la rue de la Couronne. Les terres ont été labourées par un tracteur de la batterie départementale. Au total 32 ares ont été plantés, sous la conduite d’un professionnel et avec l’aide de militaires des 102e et 150e régiments.  

Malgré les conditions météorologiques peu favorables, les récoltes, réalisées avec l’aide de militaires, ont rapporté 12879 francs. Dans certaines communes il a fallu louer des terrains et acheter du matériel.  C’est le cas notamment au collège de Châteaudun qui ne dispose pas de jardin. La moitié du bénéfice de la vente de ces produits est versée à la Caisse des Pupilles de la Nation, le reste étant attribué aux cantines scolaires, à la cantine de la gare de Voves et aux bureaux de bienfaisance. A l’Ecole normale d’institutrices le produit de la vente a servi à l’achat de tissus et de laines utilisés pour confectionner des vêtements aux enfants pauvres de l’école annexe. Une partie des produits, non vendue, est destinée aux cantines ou offerte aux familles de réfugiés.

Les élèves effectuent également des ramassages de marrons et châtaignes, destinés aux besoins de la Défense nationale, pour la fabrication d’alcool et d’acétone, en remplacement du maïs et du riz dorénavant réservés à l’alimentation. Dans la propagande, il est souligné que 10 kg de marrons équivalent à un coup de canon de 75. Dans l’arrondissement de Chartres, en 1917,  12000 kg ont été récoltés, épluchés, séchés, et ont été acheminés à la distillerie Chapuis, Ricard, Allenet et compagnie, de Melle dans les Deux-Sèvres. A ce total s’ajoutent les récoltes réalisées à Maintenon, Epernon (900 kg), Hanches, Montainville et Nogent-le-Phaye qui n’ont pu être acheminées jusqu’ à Chartres où elles auraient dû être regroupées pour rentabiliser le transport en train. Dans l’arrondissement de Châteaudun 22 communes ont rassemblé 8881 kg ; dans celui de Dreux 1760 kg. Pour Nogent-le-Rotrou le total n’est pas connu.

Pour ces opérations le « collecteur de marrons », en général l’instituteur, perçoit 0,05 franc par kilo de marrons secs, et les enfants reçoivent en récompense 0,08 franc. L’expéditeur rassemblant les collectes et organisant les livraisons reçoit 0,02 franc par kilo.

Des plantes sont cueillies et données notamment aux hôpitaux ou vendues au profit d’œuvres de guerre. Le tilleul est récolté dans ce but.

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Légende des visuels :

1. et 2. Ramassage des marrons d’inde, faines, glands et châtaignes. Ministère de Agriculture et du Ravitaillement, Service de la Main d’œuvre Scolaire. [1917]. Affiches, Collection Brugnon.

3. Journal de Chartres, septembre 1917. Arch. dép. d’Eure-et-Loir, Per 9


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