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La participation à la production agricole devient obligatoire

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Un nouvel appel est lancé en janvier 1917.  Une circulaire ministérielle, rendant obligatoire la participation des élèves à la production agricole, rappelle aux garçons la nécessité de remplacer dans les champs les pères mobilisés. Tous les écoliers doivent participer à cet effort : « Partout où l’enseignement de l ‘agriculture est obligatoire (écoles normales, écoles primaires supérieures, écoles primaires élémentaires), les heures réservées à cet enseignement seront consacrées, dès que la saison le permettra, à des travaux de jardinage et d’élevage. Au besoin, ces heures seront doublées ». Elles remplaceront les « temps de plein air » et les « temps d’éducation physique ». En dehors des temps de classe les élèves et anciens élèves sont invités à se regrouper en associations scolaires agricoles ou horticoles, utilisant les jardins d’école, des terrains mis à disposition par les municipalités mais aussi des particuliers, pour cultiver des légumes, en relation avec la direction des services agricoles. L’appel est relayé par la presse : le Journal de Chartres cite, dans son numéro du 21 janvier, un extrait de ce discours.

Gaston  Sevrette renouvelle ses encouragements, cette fois pour la culture de pommes de terre et de haricots. Il invite les comices et syndicats agricoles à récompenser les enseignants développant ces cultures, ce à quoi le Comice agricole de Chartres répond favorablement.

Un Service de la Main d’œuvre Scolaire, créé au sein du ministère de l’Agriculture, propose lui aussi de mettre à disposition des agriculteurs des équipes de 5 à 10 écoliers de 17 à 18 ans, encadrées par des enseignants, pendant les vacances de Pâques , du 25 mars au 12 avril. Seuls le logement et la nourriture sont à charge des demandeurs. D’après les réponses adressées par les maires du département au préfet, un agriculteur de Bonneval a sollicité l’aide d’un élève, et à Ormoy la commune a demandé une équipe constituée de 3 élèves. Les agriculteurs sont réticents, « se montrent assez difficiles sur la qualité de la main d’œuvre », « ne paraissent pas souhaiter les concours offerts, peu utilisables […] pour les travaux de labourage à effectuer prochainement. C’est plutôt pour les travaux d’été que des équipes scolaires pourraient rendre service ».

A la fin de l’année 1917, parmi les documents de propagande distribués dans les écoles, une affiche rappelle la nécessité de cultiver la terre. Elle sert de base à une leçon qui remplace le cours d’agriculture prévu dans les programmes scolaires. Des bons points illustrés, portant sur ce thème, sont remis aux élèves les plus méritants.

Les enfants sont formés à l’utilisation, dans l’élevage, de produits de remplacement, et invités à relayer ces informations auprès de leurs parents. Par exemple, le marc de pommes inutilisé peut être substitué au fourrage.

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Légende des visuels :

1. « A toute la jeunesse scolaire ». Service de la main d’œuvre scolaire au Ministère de l’Agriculture. Etienne Clémentel (1864-1936), ministre de l’Agriculture, et René Viviani (1863-1925), ministre de la Justice, de l’Instruction publique et des Beaux-Arts  du 12 décembre 1916 au 20 mars 1917. Affiche, Collection Brugnon.

2. Journal de Chartres, mai 1917. Arch. dép. d’Eure-et-Loir, Per 9.

3. Jardin de l’école de Châtillon-en-Dunois, Arch. dép. d’Eure-et-Loir, 5 Fi 70, détail.

4. « Résultats de la main d’œuvre scolaire en 1917 », Arch. dép. d’Eure-et-Loir,  6 M 170


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