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La Loupe

La Loupe, 18 avril 1943

La gare de La Loupe se trouve au croisement d'une voie reliant Paris à Brest et d'un axe ferroviaire nord-sud passant par Courtalain et Verneuil-sur-Avre. Cette photographie datée du 18 avril 1943 présente le quartier de la gare avec le pont ferroviaire dit "pont du Gros Chêne", situé à l'ouest de l'agglomération. Le pont ainsi que la station de pompage du ruisseau de l'ancien étang des Pots de Vin sont repérés en jaune.

Le dimanche 18 avril 1943 à 0h50 un unique bombardier volant à très basse altitude prend pour cible la sous-station électrique et la gare. Un rapport de la défense passive confirme que, ce jour-là, les voies sont coupées en plusieurs endroits, que quelques wagons sont déchiquetés et qu'une bombe pénètre dans la chambre du chef de gare par le mur de la façade. Lors de ce bombardement, 300 bombes explosives de 8 à 10 kilos tombent sur La Loupe. Petites et de forme parallélépipédique, elles s'encastrent les unes aux autres en chapelets, dont les services de la défense passive, qui n'ont jamais rien vu de pareil, fournissent un croquis. Un seul blessé est à déplorer, le gardien de la sous-station électrique. L'avion ayant rôdé longuement avant d'attaquer (c'est sans doute à ce moment que la photo a été prise), les habitants ont eu le temps de s'abriter.

La Loupe subit vingt et un bombardements prenant la gare pour cible en 1944. L'imprécision de ces différents bombardements fut particulièrement meurtrière pour la population de la commune et de son canton. Les dégâts les plus conséquents eurent lieu le 17 juin 1944.

Ce jour-là, un bombardement intense met à feu et à sang la commune de la Loupe. À huit reprises, les bombardiers par groupes de six ou sept déversent leurs flots de bombes, 114 au total, d'une charge de 500 livres d'explosif chacune. Sur la place de l'Hôtel de ville tombent 14 bombes causant des pertes humaines importantes. Les services de la défense passive dénombrent cinquante-cinq victimes ensevelies, une personne asphyxiée et trente-six blessés. D'autres victimes décèdent dans les jours qui suivent, portant le nombre total des morts à soixante-douze. Les maisons qui bordent la place sont détruites en tout ou partie. Le Maire de La Loupe, l'un de ses adjoints, le directeur de la défense passive ainsi que le chef des équipes d'urgence de la Croix-Rouge locale périssent lors de cet orage d'acier. Ils participaient à une réunion commune aux deux organisations humanitaires dans le but de porter secours à une commune voisine.


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La Loupe sous les bombes

  


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