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Chapitre 5 : Janvier 1942 – Mai 1944 : la guerre totale

Résistance et répression : documents 5.8

Résistance et répression : documents 5.8

  • Document 5.8 :
    Photographie de l’entrée du camp d’internement de Voves, sans date, Arch. dép. Eure-et-Loir, 106 W 2
  • Thème :
    Résistance et répression
  • Place dans l’ouvrage : p. 63
  • Commentaire :
    Cette photographie, sans indication de date, présente l’aspect qu’avait ce camp d’internement tel qu’on pouvait le voir depuis la route de Voves à Fains-la-Folie.
    Dès juin 1940, après la débâcle, des prisonniers de guerre français sont internés par les Allemands dans ce camp situé à la sortie de la commune de Voves et dont il reste encore aujourd’hui quelques éléments. Certains y restent jusqu’à la fin de décembre 1940 puis sont conduits en Allemagne. Inutilisé quelques mois, le site est aménagé à la fin de l’année 1941 pour en faire un camp de prisonniers politiques. Les premiers internés arrivent le 5 janvier 1942, accueillis par le Préfet en personne. Il s’agit d’abord de prisonniers politiques français ou d’«indésirables» étrangers venant des camps de Châteaubriant (Loire-Atlantique) et d’Aincourt (Val d’Oise), récemment fermés.
    Partie prenante d’un réseau de camps français, Voves reçoit des hommes arrêtés en Eure-et-Loir mais aussi dans d’autres départements. On compte des Juifs, des résistants, et un grand nombre de communistes. Victimes d’une véritable chasse par le régime de Vichy, ceux-ci sont soumis à un traitement plus dur encore que les autres détenus.
    Plus de 2 000 hommes y séjournent, plus ou moins longtemps. Les libérations sont soumises à une obligation de signer un document nominatif indiquant clairement le « ralliement au nouvel ordre social ». Mais rares sont ceux qui acceptent, marquant là encore l’impuissance de Vichy à convaincre les esprits réticents. La déportation est pourtant une menace constante. Elle devient effective pour plus de 600 de ces internés qui transitent souvent par le camp de Compiègne (Oise), réservé aux ennemis actifs du Reich. Seul un quart de ces hommes reviendra des camps de la mort.
    Mais si l’objectif d’isolement et de déportation des opposants est atteint, la présence du camp nuit à la réputation du régime en révélant par là son caractère autoritaire. Ce sont ces derniers aspects qu’il est possible d’étudier grâce à cette photographie. On insistera tout particulièrement sur trois d’entre-eux :
    - C’est un camp d’internement, c’est-à-dire d’isolement de populations jugées indésirables. On remarquera la clôture entourant le camp, le mirador le surplombant, la guérite occupée par un gendarme, et même le panneau indiquant pudiquement qu’il s’agit d’un « centre de séjour surveillé ».
    - C’est un camp français tenu par des Français. Les indications sont en français et le personnel de garde est français (cf. le gendarme avec son képi).
    - C’est un camp sous autorité de Vichy : dès l’entrée, la francisque et la devise de l’État français « Travail, Famille, Patrie » le rappellent à tout visiteur.
    Pour conclure, il est possible de s’interroger sur l’aspect extérieur du camp que nous livre cette photographie bien cadrée. Pas de barrière à l’entrée, un seul gendarme en faction, une allée bien tenue et grande ouverte menant aux bureaux proprets de la direction d’un « centre de séjour surveillé ». On est loin de l’image de la prison, encore plus d’un camp de prisonniers ou de concentration. Faut-il y voir une volonté de masquer la réalité de l’épuration politique et raciale que menait l’État français ?

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