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Chapitre 5 : Janvier 1942 – Mai 1944 : la guerre totale

Le Service du Travail Obligatoire : document 5.5

Le Service du Travail Obligatoire : document 5.5

  • Document 5.5 :
    Note du Commissaire des Renseignements généraux au Préfet, relative à un incident produit en gare de Chartres lors d’un départ de travailleurs à destination de l’Allemagne, 21 juin 1943, Arch. dép. Eure-et-Loir, 14 W 57
  • Thème : Le Service du Travail Obligatoire
  • Place dans l’ouvrage : p. 57
  • Commentaire :
    Le conflit mondial s’étirant en longueur et touchant un territoire de plus en plus étendu, le Reich s’est vu contraint d’envoyer la plus grande partie de ses ouvriers au front. Afin de remplacer ces hommes, le régime nazi a fait appel à la main d’œuvre des pays soumis, et la France en a fourni une très grande part. Ces réquisitions étaient de deux natures. La première, appelée « Organisation Todt » consistait à envoyer des hommes sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord pour construire des fortifications appelées à prévenir un débarquement allié. La seconde, organisée par  Vichy à la demande d’Hitler, a pris le nom de Service du Travail Obligatoire (STO). Il s’agissait d’envoyer des travailleurs français dans les usines allemandes pour faire tourner l’économie de guerre. Les appels pour le STO étaient conçus sur le mode du recrutement militaire, c’est-à-dire en termes de « classe ». Les jeunes hommes nés en 1920 ont donc d’abord été appelés, puis ceux nés en 1921, etc.
    Ce document témoigne d’un fait intéressant : la rencontre imprévue, en gare de Chartres, d’un train de travailleurs de l’Organisation Todt et d’un train de voyageurs embarquant une centaine de jeunes gens envoyés en Allemagne au titre du STO. Le comportement des deux communautés d’hommes est rapporté par un agent des Renseignements généraux dont on ne sait s’il était posté en surveillance à la gare (lieu privilégié d’actions résistantes ou de mouvements contestataires) ou s’il était présent à ce moment-là par hasard. L’attitude des deux groupes est riche d’informations sur le climat politique du moment. D’abord, le train des hommes requis pour l’Organisation Todt est porteur de nombreuses inscriptions hostiles au gouvernement, et à Pierre Laval en particulier (le Maréchal, semble lui épargné par ces critiques). Ces hommes haranguent même les jeunes hommes envoyés au STO « Ne vous en faîtes pas les gars, on les aura ».
    Les jeunes hommes, eux, sont beaucoup moins véhéments. Il faut noter que 110 sont présents sur 117 appelés. C’est dire que ces jeunes ont très largement obéi aux injonctions qui leurs étaient adressées, alors même que le nombre général de réfractaires est assez important (autour de 20% en France). Aussi, peut-être ne se sentaient-ils pas autorisés à manifester leur opposition au régime. Toujours est-il que la scène offre un instantané précieux de l’ambiance générale en cette année 1943.

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