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Vitrine n° 3 : Agriculture et syndicalisme agricole

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Certains agriculteurs firent le choix de réserver des parcelles pour servir de champs d'expérience et de démonstration afin de tester de nouvelles cultures ou de nouveaux moyens d'amender les sols. Certains champs d'expérience étaient directement annexés aux écoles et financés par les communes comme à Terminiers (n°1). Selon les préceptes de Charles-Victor Garola, professeur départemental d'agriculture et secrétaire du syndicat, ils devaient permettre aux enseignants d'inculquer par des travaux pratiques à leurs élèves l'art de cultiver et d'amender les terres. Cet apprentissage communal, de niveau primaire, est à distinguer de celui de l'école directement dépendante de la chaire d'agriculture départementale annexée au lycée de Chartres (actuel lycée Marceau), lui aussi accompagné de cours pratiques, destiné aux plus de 16 ans qui, en période hivernale, n'étaient pas occupés aux travaux des champs (n°2). Pour les agriculteurs plus aguerris, qui n'avaient pas suivi d'enseignement agricole lors de leur scolarité, la connaissance des « bonnes pratiques », telles que conçues par les agronomes, passait par le biais de conférences proposées par Charles-Victor Garola lui-même (document n°3). Dans un département céréalier comme l'Eure-et-Loir, les expériences sur les différentes variétés de blé et leur culture étaient évidemment nombreuses mais pas exclusives. La localisation des principaux champs d'expérience dans ce domaine, en cours ou projetés, pour les années 1892-1893, est indiquée sur la carte n°4. Enfin, les résultats des différentes expériences étaient soigneusement analysés et consignés dans des rapports comme celui présenté dans l'exposition (n°5) et distribués gratuitement par le syndicat. L'agriculteur Oscar Benoist nous en fournit un exemple en retraçant dans un rapport (n°6) les méthodes et outils utilisés dans les fermes de Cloches et de Rosay pour la culture des betteraves à graines en vue de participer au concours régional de Chartres dans cette spécialité en 1896. Les concours agricoles étaient à la Belle Epoque un excellent moyen d'encourager les bonnes pratiques agricoles. On notera l'érudition et le soin apporté à son rapport par cet exploitant. Les membres de la famille Benoist, installés dans le secteur de Boutigny (arrondissement de Dreux) sont des proches de Charles-Victor Garola et font figure d'exploitants particulièrement réceptifs aux innovations techniques de leur temps. Ces rapports furent réemployés pour illustrer l’Encyclopédie agricole publiée à partir de 1903. 

Dans le cadre d'une agriculture aussi intensive qu'extensive, l'enrichissement des sols est une nécessité à laquelle peut répondre l'utilisation d'engrais chimiques mais aussi celle du fumier produit par l'élevage. Son usage s'était considérablement réduit au cours du XIXe siècle et sa réintroduction dans les fermes des plaines céréalières d'Eure-et-Loir est alors fortement encouragée par les agronomes de la Belle Epoque, comme l'illustre la carte postale de la ferme d’Adonville (document n°7).