Rapport du garde champêtre de Bleury sur l'exercice du culte sans association cultuelle constituée, 1906

Rapport du garde champêtre de Bleury sur l’exercice du culte sans association cultuelle constituée, 1906

Arch. dép. Eure-et-Loir, V 301.

La charge la plus virulente contre l’église catholique fut portée par le gouvernement radical d’Emile Combes. Outre l’interdiction de l’enseignement congréganiste, ce fut lui qui porta la loi de séparation des Eglises et de l’Etat le 9 décembre 1905, loi qui constitue un des piliers du modèle républicain tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. Cette loi met fin au régime du Concordat de 1801 et pose pour principe que « la République ne salarie ni ne subventionne aucun culte » tout en garantissant la liberté de conscience et de culte aux Français. Les édifices et les biens mobiliers servant au culte deviennent propriété de l’Etat tandis que, pour pouvoir célébrer le culte, les desservants doivent se constituer en associations cultuelles, à l’instar de l’Union diocésaine de Chartres dont les statuts sont présentés dans l’exposition, ce qui n’était pas toujours respecté, comme le montre l’exemple de Bleury. Les édifices étaient ensuite mis gratuitement à disposition des associations cultuelles. Cette loi fut très mal perçue par les catholiques qui virent notamment dans le rattachement des édifices à l’Etat une spoliation arbitraire. La réalisation des inventaires en 1906, destinés à dresser un état des édifices et du mobilier qu’ils contenaient pour affectation au patrimoine de l’Etat, fut là encore un terrain propice aux affrontements entre les agents du Domaine et des desservants peu enclins à les laisser pénétrer dans les églises. 

Rapport du garde champêtre de Bleury sur l’exercice du culte sans association cultuelle constituée, 1906