Réunion publique de la ligue patriotique des Françaises

Réunion publique de la ligue patriotique des Françaises : rapport, coupure de presse, 1908. – Arch. dép. Eure-et-Loir, 4 M P 458.

Dossier, rapport, coupure de presse, 1908

Arch. dép. Eure-et-Loir, 4 M P 458. 

Les mouvements de droite et d’extrême-droite ne sont pas en reste en ce qui concerne la contestation : la Belle Epoque est marquée par un fort nationalisme qui se manifeste notamment par la constitution de ligues dont les principales sont la ligue des patriotes, qui souhaite établir une démocratie directe basée sur le plébiscite, le peuple et l’armée, ou encore l’action française, fondée en 1899 pour contrer l’influence de ceux qui forment « l’anti-France » et restaurer la monarchie, si nécessaire par le coup d’Etat et la dictature. Ces ligues sont très influencées par des personnes telles que Paul Déroulède ou Charles Maurras. Nourries par le désarroi que peuvent causer les grandes réformes républicaines de la fin du XIXe siècle et, surtout, par l’affaire Dreyfus qui suscite une émotion immense dans le pays ainsi qu’un essor du nationalisme et de l’antisémitisme, ces ligues sont en perte de vitesse à compter de la victoire du bloc des gauches en 1902. Un temps en sommeil, leur nationalisme belliqueux se réveille dans le contexte de l’opposition avec l’Allemagne dans les dernières années de la Belle Epoque. Les discours haineux et violemment antisémites dont la presse se fait alors l’écho jettent un voile trouble sur le débat politique de ces années. 

En Eure-et-Loir, les ligues marquées à droite se font discrètes et ne semblent pas rencontrer un terreau très favorable dans notre département, d’opinion modérée. Si le Journal de Chartresse caractérise par une rédaction peu progressiste et teintée d’antisémitisme, très peu de réunions publiques se font l’écho de la diffusion des idées défendues par les ligues dans l’opinion eurélienne. L’exposition prend l’exemple d’une réunion publique de la ligue patriotique des Françaises en 1908, qui prône la défense du modèle traditionnel de la famille, de l’importance de la pratique religieuse, et attaque violemment l’école laïque au profit de l’enseignement congréganiste.